Publication chapitre 4

Yai Malena Jñani*

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Sans plus tarder, voici le quatrième chapitre, livre 2.

Chapitre 4

À Eureka, en Californie, au siège social de Biosync, la soirée était déjà fortement avancée. Daniel Burri examinait deux appareils qui avaient porté un coup dur à son entreprise, l’acculant presque à une banqueroute totale et risquant les travaux en cours sur les thérapies géniques, un empire de milliards de dollars.

— C’est un générateur d’ondes de forme, précisa le scientifique appelé pour en fournir un examen approfondi. Et cet autre appareil est un stabilisateur agricole. Enfin, c’est le nom qu’ils ont donné.

— Ça va ! Ça va ! répondit le directeur d’un ton sec. Expliquez-moi plutôt comment un assemblage de métal, qui ressemble davantage à une sculpture de très mauvais goût, peut remplacer des recherches approfondies sur la biogénétique !

— Il s’agit d’une science très récente qui paraît de prime abord ridicule. Mais les découvertes, et davantage les résultats prouvent le contraire. En partant du principe que tout soit vibration, il suffit de savoir quelle est celle d’un objet, d’une plante ou d’un organe pour en générer une onde porteuse qui la fera profiter ou dépérir. Nous parlons d’ondes de forme. À partir de certaines essences, qu’elles soient métalliques ou autres, créant une forme géométrique exacte et positionnée à un angle très précis par rapport à d’autres formes, une onde est générée.

— Et c’est tout ?

— Je dois vous avouer que c’est un champ d’expérimentation très nouveau et qu’il existe peu de gens pour en comprendre et en saisir toute la portée. Il existe pourtant une documentation très complète sur les ondes de forme, d’où on peut comprendre et expliquer le phénomène. De là à créer des appareils fonctionnels et sans danger, il y a tout un pas à faire !

— Ça fait plusieurs années que ces appareils sont en fonction dans le monde et tout ce beau monde en veut, tous les agriculteurs rêvent de posséder ces appareils pour revenir à leurs précieuses récoltes, tous les gouvernements ne parlent que de ça ! Et je suis sûr que ça fait encore plus longtemps que ces appareils existent ! Ils ne sont surement pas apparus comme ça, par enchantement ! Non ? Oui ?

Il se pencha vers Robert Dachford, le scientifique, et le regarda directement dans les yeux.

— Tous les services de génétique sur les OGM agricoles et autres sont en faillite. Notre entreprise risque également la faillite si nous ne nous mettons pas à mettre sur le marché la thérapie génique. Et si ces appareils font ce que tout le monde dit, alors c’est ce que nous avons besoin pour mettre en marche et reproduire les cellules au code génétiquement parfait comme on produirait des épis de maïs ou des tomates. Je ne suis plus en mesure de perdre un seul dollar que ce soit en recherches, en pertes de revenus ou en dépenses de toutes sortes. Il nous faut donc trouver une solution pour remplir les coffres de la société, et au plus vite. Nous avons un nouveau produit, l’approbation des différentes associations médicales, le soutien des industries pharmaceutiques qui n’attendent que nos petites bouteilles miracles, et ce que vous avez devant vous, est la solution à tous nos petits tracas. Est-ce que je me trompe ?

— Je comprends monsieur, mais fabriquer ces appareils coûte une fortune en recherche. Il existe certains experts de par le monde et il faudrait les…

— Qui vous parle de faire de la recherche ? Vous avez des appareils complètement fonctionnels devant vous !

Daniel Burri arrêta son discours emporté. Il se mit à réfléchir et reprit aussitôt son argument.

— Et tant qu’à faire, pourquoi le simple citoyen n’aurait pas son stabilisateur agricole pour son jardin, ou l’autre, si j’ai bien saisi la puissance de ces appareils, ne pourrait-il pas fabriquer sa propre énergie et devenir autonome !

Sur ces mots, il resta songeur.

— Je veux entrer en production de stabilisateurs agricoles similaires dans deux semaines, ajouta-t-il. Mais pour commencer, nous devons les adapter à la thérapie génique. Les gens sont mûrs pour ça. Je reçois de plus en plus de demandes en provenance de toute la planète ! Adieu médecine, bonjour millions de dollars !

— Deux semaines ?

Daniel Burri sortit de sa rêverie.

— Il me faut des plans détaillés. Vous ferez affaire avec l’équipe de design afin que nos appareils soient à l’image de notre entreprise ! Et aussitôt fonctionnels, branchez-les sur le laboratoire de génétique. Ils sont en attente pour générer nos chers nanorobots.

Le scientifique se retira avec les appareils. Lorsqu’il eut quitté, Daniel se tourna vers Martin, son vice-président.

— Des répercussions ?

— Non, aucune jusqu’à maintenant.

— Bien. De toute façon ils ne peuvent pas prouver quoi que ce soit. L’avion a survolé en rase-motte depuis le Costa-Rica et n’est jamais entré officiellement sur le territoire américain.

— Cependant, je soupçonne qu’ils ont été au courant au moment même où nous avons « emprunté » leurs appareils.

— Ils ?

— Les responsables au COM.

— Comment auraient-ils pu le savoir ?

— Voilà justement la base de la recherche sur les ondes de forme. Tout laisse une trace, tout est connecté et tout est interrelié. Comme peut l’être le corps humain, on sait qu’il y a une aiguille sous notre pied grâce à notre système nerveux.

— Merci pour le cours d’anatomie humaine ! Et ils sauraient où se trouvent les appareils en ce moment.

— Peut-être !

— Ce n’est pas avec des « peut-être » que j’ai bâti cette entreprise ! De quel côté es-tu Martin ?

— Du bon côté, Monsieur le président ! répondit-il narcissiquement.

— On devient poli tout d’un coup ?

— Daniel, tu n’as pas à te soucier, tout s’est bien passé, malgré quelques imprévus selon ce qu’on m’a raconté.

— Des imprévus ?

— Mmoui… Mais bon, disons que tout a été « nettoyé » avant de quitter.

— Combien ?

— De morts ?

— Mais non, mais non… dit-il en balayant nonchalamment l’air de la main. Combien ça m’a coûté ?

— Toute l’opération revient à un peu moins de trois millions de dollars.

— Trois millions ? s’exclama-t-il.

— Une grande partie est allée au commando qui a engagé le spécialiste, qui a pris un gros morceau du budget, pour désamorcer leur système de défense. Ils ont employé les grands moyens, enfin le seul pour pouvoir pénétrer dans le centre.

— Un spécialiste… ? Qui ?

— Un certain… attends, je vérifie le nom.

Il sortit son agenda électronique.

— Voilà… Ochoa, Malek Ochoa.

Daniel Burri resta songeur. Est-ce le même ? Surement… Comme le monde est petit !

***

Tandis que l’entretien avec le fermier se poursuivait, Chavez, resté près de la voiture d’Alex et Nora, en fit le tour. Lucas l’observa depuis le pas de la porte, discutant avec les agents. Puis n’en pouvant plus de voir le manège de l’inspecteur, décida d’aller le rejoindre.

— Alors ? questionna Chavez lorsque Lucas fut à portée de voix.

— Alors quoi ? répondit le superviseur.

— Il y a des choses étranges dans le coin, non ?

Lucas garda le silence et attendit la suite. L’inspecteur enchaîna tout en conservant le regard sur la voiture.

— Vous savez ce qui me tracasse le plus ? Comment leur voiture a-t-elle pu se rendre jusqu’ici alors que tous les autres véhicules sont en panne ? Et comme vous le savez très bien, leur portable fonctionne également !

Chavez s’interrompit, attendant une réponse satisfaisante de la part du représentant du COM. Lucas réfléchit quelques secondes. Le secret professionnel était de mise pour tout ce qui concernait les recherches d’Alex, de son équipe et du COM. Ce qui le fit sourire intérieurement, il ne pouvait répondre à tout, car lui-même ignorait plusieurs réponses. L’inspecteur patienta, faisant peser plus lourd l’attente. Alors qu’il voulut renouveler la question, Lucas répondit brièvement sur ce qu’il put révéler.

— Les portables sont en fait des iMats, équipé des derniers TML, en instance d’approbation de la part du centre.

Devant l’air perdu de l’inspecteur, Lucas se lança dans une brève explication.

— Intelligent Molecular Amplification Telecommunication System. Les iMats sont des téléphones intelligents basés sur une amplification moléculaire. Les TML sont la dernière génération de transistor où le corps physique sert d’antenne émettrice, réceptrice et de source énergétique. En résumé, ils peuvent vous donner un coup de fil de n’importe où sur la planète et vous jaser des heures.

Chavez le regarda, méfiant, insatisfait et maintenant frustré.

— Et ? C’est tout ?

— C’est une réponse qui sera sans suite, ajouta sèchement Lucas.

Chavez regarda le superviseur dans les yeux, et s’approcha vers le capot de la voiture. Sans avertissement, il l’ouvrit. Ses yeux quittèrent alors Lucas et se posèrent sous le capot. La surprise le laissa sidéré. Le superviseur, hésitant de prime abord tout en étant d’une curiosité envieuse, vint rapidement aux côtés de l’inspecteur. Le spectacle était simplement consternant. Aucun moteur ne se trouvait sous le capot, comme si on l’avait tout simplement arraché sans se préoccuper de l’aspect esthétique de la chose. Cette chose en question, une sorte de boîte informe et de dimension assez réduite, faisait office de « moteur », laissant un vide autour où pendouillaient çà et là les différents fils et connecteurs antérieurement branchés. Lucas blêmit et referma vivement le capot avant d’être aperçu par qui que ce soit, surtout par les propriétaires du véhicule.

— Mais merde, vous faites quoi là ? siffla-t-il aux oreilles de Chavez.

Sans se laisser intimider, l’inspecteur riposta.

— Ce que je fais ?… Pourquoi fait-on la pirouette devant ces gens ? ajouta-t-il d’emblée, plissant le regard.

Lucas se tourna nerveusement vers la maison. De la fenêtre on distinguait les silhouettes, tout parut normal. Il reporta son regard vers Chavez.

— Évidemment si vous les connaissiez, vous ne foutriez pas votre nez dans leurs affaires… Je vous ai parlé brièvement de cette équipe plus tôt et je pensais que vous aviez étudié leur dossier !

Lucas fit quelques pas vers la maison.

— Allexan Fonwell, physicien et chercheur de notoriété mondiale, fut le premier à exploiter à grande échelle ce qu’on appelle les ondes de forme. De la physique microvibratoire si vous préférez. Il a créé des appareils basés sur ses recherches pour l’analyse des ondes vibratoires et de leur contrôle. Il s’est retiré il y a plusieurs années de la scène scientifique…

— Oui je me souviens de ce nom… mais c’est quand même toujours intéressant d’en savoir davantage ! Pourquoi s’est-il retiré ? Et depuis, qu’a-t-il fait ?

— Le pourquoi, c’est une triste histoire… Et depuis, je ne sais pas. Leur laboratoire doit déceler plus d’un secret, mais bien malin celui qui réussira à y entrer sans permission ! Équipé à la fine pointe d’équipements hautement sophistiqués, c’est là qu’Alex travaille presque jour et nuit… Il ne démord pas de l’idée de trouver…

— Trouver ?

— Je ne sais pas… Personnellement, je me demande s’il le sait lui-même !

Il semblait évident que Chavez ne connaissait pas ce milieu scientifique… Il avait souvent enquêté dans les différents centres de recherches de par le monde, mais les ondes électromagnétiques ne faisaient pas partie de son expertise, ni d’aucun autre inspecteur d’ailleurs. Il attendit la suite des propos, pointant le bout du nez en direction de la fenêtre.

— Nora Enguel Leoita, médecin et physicienne spécialisée sur les détections vibratoires. Mariée à Luan Carinho Vinheiro, autre physicien célèbre qui est l’auteur des stabilisateurs agricoles… D’ailleurs c’est lui qui supervise ce genre de boulot d’habitude. Il a dû avoir un empêchement majeur pour qu’Alex se soit déplacé.

Il s’arrêta au moment où Nora sortit de la maison, se dirigeant vers la voiture. Changeant d’attitude et avec tout le sérieux du monde, Lucas tourna dos à la jeune femme et avant qu’elle puisse l’entendre, murmura tout en regardant Chavez droit dans les yeux.

— Ce sont les plus grands spécialistes mondiaux en ce qui a trait à l’utilisation des ondes de forme et ils ont développé eux-mêmes ces appareils. Et parlant de ceux-ci, autant ils peuvent équilibrer énergétiquement un immense champ comme celui-ci, sinon plus, avec une production top qualité, autant ils peuvent générer, pour le néophyte que vous êtes, une merde qui vous colle à la peau pour le restant de vos jours… genre déshydratation totale du corps conduisant à une véritable momification sans que vous ne vous en rendiez compte ! Et je parle en connaissance de cause. Alors vous ne posez pas de question, vous ne vous souvenez de rien, vous n’intervenez pas, bref vous faites le mort si vous voulez rester en vie. Vu ?

Chavez acquiesça silencieusement. Sa paupière tressaillit de nouveau. Nora approcha des caisses sorties plus tôt. Lucas ajouta un dernier point avant de se retourner.

— Mais ils sont gentils !

Alors que Nora prit une première caisse, elle entendit la remarque.

— Mais qui est gentil Lucas ?

Lucas regarda Chavez et lui fit signe de le suivre.

— Toi et Alex bien sûr ! On peut t’aider ? demanda-t-il sincèrement.

— Pourquoi pas, merci bien… répondit-elle, non sans manifester sa surprise. Faites attention, c’est fragile ! prévint-elle.

Nora offrit une caisse à chacun des hommes. Chavez, sous l’avertissement de « dangereux appareils » à peine reçu quelques secondes auparavant, hésita à rendre le service, mais le regard de Lucas l’y força. L’iMats de Nora retentit à ce moment.

— ¡ Holà !… Oui, nous y sommes, tout va bien… Lucas ? Oui bien sûr, un moment ! répliqua-t-elle.

Puis elle lui tendit l’appareil.

— C’est Charles, il veut te causer.

Chavez resta étonné de voir un appareil fonctionner en de telles circonstances malgré l’explication de Lucas. Il fut davantage surpris de la simplicité des rapports entre Nora et le directeur général du prestigieux centre d’observation mondial. Lucas, saisissant la pensée de Chavez, acquiesça, confirmant ses pensées, puis engagea la conversation avec son supérieur. À ce moment, Alex sortit de la maison accompagné du fermier. S’adressant à Nora, il pointa du doigt un petit cabanon se trouvant à peine à 30 mètres d’eux.

— On va voir le stabilisateur !

Nora sourit à la vue du petit abri. Cela faisait maintenant quatre ans que ce stabilisateur était installé et jamais il n’avait fait défaut. Luan avait développé toute l’expertise des champs d’ondes vibratoires. Et de là était né le premier stabilisateur. Il servait à apporter un rendement accru de la récolte autant en qualité qu’en quantité, et un équilibre dans la production laitière. Nora rejoignit Alex.

— Mais qu’est-ce qu’il fait encore ici celui-là ? demanda Alex en désignant l’inspecteur.

— Ils m’ont offert leur aide, c’est tout… Et puis il a l’air amusant ce Chavez, on dirait qu’il est sorti d’une boite à surprise depuis qu’il a inspecté « à fond » notre voiture !

— Ah ! Il a vu ! C’est Charles qui n’appréciera pas la nouvelle.

— Il faut peut-être le comprendre, répliqua Nora. Il ne veut pas qu’il t’arrive malheur.

— Et qui peut apporter une meilleure analyse des appareils si ce n’est pas nous ? Charles n’a qu’à attendre !

Nora sourit. Évidemment… Qui d’autre ? Arrivés au petit cabanon, le fermier ouvrit la porte. La curiosité de Chavez se ranima à la vue de l’étrange appareil. La forme hélicoïdale pyramidale inversée de l’appareil, dont le centre entouré de plusieurs fils, reposait sur un socle de granit afin de l’isoler des ondes telluriques. Le prolongement vers le haut se poursuivait d’une tige métallique, traversant le plafond et servant d’antenne émettrice. Après quelques secondes d’observation générale, Alex fit un examen plus attentif. Tout semble en ordre, aucune coupure ou modification des fils ne semble avoir été effectuée. Il frotta un des côtés de l’appareil afin d’enlever la couche poussiéreuse, et découvrit une sphère graduée. Il donna un signe de tête vers Nora. Elle activa le lecteur et les coordonnées se transférèrent dans son iMats. Un bip se fit entendre.

— Confirmé ! annonça-t-elle.

Alex hocha la tête, regarda le fermier, puis replongea le regard vers le stabilisateur tandis que Nora ouvrit le contenu des caisses au grand jour. Tout en s’approchant et déposant sa caisse, Lucas termina la conversation avec Charles.

— Oui, ils commencent les vérifications d’usage. Je te rappelle.

Chavez se tint près des caissons, essayant d’associer à ses lectures le côté pratique de ce qu’il était en train de voir. Nora sortit avec précaution, de la première caisse, un appareil de verre concave épousant une structure de cuivre et platine, avec en son centre une sphère convexe. De chaque côté, alignés avec la sphère, se trouvaient deux cavités. Juste au-dessus de celles-ci, une plaque en platine glissant sur une fente refermait ces mêmes creux. L’appareil de petite dimension semblait avoir un certain poids. La jeune femme, ne sachant où poser l’appareil, regarda Chavez.

— Vous voudriez bien me tenir ceci quelques instants ?

Mais Chavez, se souvenant des paroles menaçantes de Lucas, hésita.

— Je ne peux le poser directement sur le sol, c’est conducteur !

Cette dernière remarque le fit davantage hésiter. Il observa Lucas, puis ramena son regard vers Nora.

— Je vous assure qu’il n’y a aucun danger, insista-t-elle, devinant les craintes du policier. Il n’est pas encore activé !

Alex arrêta son inspection sous les demandes répétées. Il observa la nervosité injustifiée, à ses yeux, de l’inspecteur réticent à aider Nora. Le fermier prit alors l’appareil des mains de Nora qui fut enfin soulagée de son poids. Lucas intervint sous le couvert de la politesse, et reprit délicatement l’appareil des mains de Georges. Nora ouvrit une seconde caisse.

— C’est un nouvel appareil ? demanda Lucas.

— Pas vraiment, c’est un démarreur en quelque sorte, deuxième génération… spécifia Nora. On l’a récemment modifié afin qu’il n’éclate pas en mille morceaux comme ses prédécesseurs. Et comme il est plus puissant que la première génération, on l’a alors rebaptisé enclencheur vibratoire ou l’EV.

Lucas se souvint et replaça l’appareil sous sa nomenclature. L’enclencheur permettait de superposer deux ondes. Leur étude permettait aussi de les maîtriser plus facilement. Mais lorsque l’appareil devait concentrer la force du courant d’énergie afin de relancer l’onde défectueuse, il se trouvait à exploser sous la charge. Luan l’avait alors modifié, dosant la charge par le biais de détonateurs ou piles. Lucas remit l’appareil entre les mains de Chavez. Celui-ci, surpris par son poids, faillit l’échapper. Nora sortit un second appareil. À la base, un ancrage permettait de l’utiliser en terrain accidenté. Elle le tint fermement, et d’un coup, le planta dans le sol. Le représentant du COM l’observa attentivement, car il était rare qu’il puisse assister à l’opération des appareils.

— Le DOEM, pour détecteur d’ondes électromagnétiques, continua-t-elle à l’intention de Lucas en parlant du second appareil, décidant de le mettre à jour sur les récentes innovations. Ce détecteur permet de localiser rapidement une vibration. La précision est telle que le détecteur peut déceler tout changement bio rythmique au millième de seconde.

— C’est fonctionnel maintenant votre appareil ? demanda Chavez, inquiet.

— Pas encore, répondit Nora, il manque les détonateurs.

L’inspecteur redevint nerveux. Son regard étudia les gestes précis et sûrs de la femme. Dans la troisième et plus petite des caisses, elle prit une paire de cylindres argentés.

— Voilà les détonateurs, je suis prête !

Chavez, les yeux braqués sur les détonateurs, paraissant minuscules pour occuper la tâche à laquelle ils étaient destinés, se mit à transpirer. Lucas regarda les détonateurs. Deux cylindres argentés de six centimètres de long avec une circonférence d’à peine un centimètre.

— C’est Luan qui les a mis au point, ajouta Nora. Superposition de cuivre, d’argent et de platine. Le surplus de charge de l’EV est absorbé par la masse des métaux combinés pour être réutilisé et démarrer un appareil.

— Alors je peux partir maintenant ? lança Chavez nerveux.

Tous se tournèrent vers lui, l’air interrogateur.

— Je parie que ce farceur de Lucas vous a raconté toutes sortes d’histoires à faire peur, dit Alex à l’endroit de Lucas, tout en regardant Chavez.

Chavez regarda Lucas, ne sachant trop que répondre.

— Mais il y a surement du vrai dans ce qu’il vous a dit ! conclut-il.

***

À suivre.

Maran’atha.

*Jñani : un être réalisé et non ignorant sur son chemin.

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